samedi 26 janvier 2013

Réédition : Les trois Grâces.

J'ai participé un temps à un blog atelier d'écriture : le défi du samedi. Le principe est simple : une consigne est donnée le samedi, les textes sont postés à une adresse email, et les participations sont publiées le samedi suivant dans une ambiance conviviale et bon enfant où la gentillesse est de mise. J'ai rencontré beaucoup de monde au défi du samedi. Ça fait une paie que je n'ai pas participé. En gros et pour faire court, en ce moment, je suis un peu prise par la vie et le boulot. Mais, il n'empèche que je vais régulièrement voir les consignes et lire quelques textes. La semaine dernière, la consigne était celle-là :

Dans l'allée du parc les trois Grâces (ou les trois Parques selon votre choix) parlent tout bas.

Racontez cette surprenante scène et rapportez-nous leur dialogue.

-Défi proposé par Venise- merci à elle !

 

Les 3 grâces

J'avais écrit un texte il y a quelques années sur les Grâces. Mais je ne l'ai pas envoyé déjà parce qu' il ne fait pas parler les trois Grâces, mais parler à propos des trois Grâces ensuite parce qu' au défi, on ne recycle pas ses fonds de tiroir. Mais ici, je fais ce que je veux et j'ai envie de vous le resservir. Et puis Le Goût des autres a publié récemment un billet sur la cruauté des amuseurs

 

 

 


Quand j'étais à l'École Normale, nous étions une promotion très nombreuse, plus de 150. Il y avait donc des styles, des genres, des façons d'être très différents. Il y avait en particulier trois jeunes filles, je suppose qu'elles étaient jeunes filles, ingrates, terriblement vieux jeu et mal dans leur peau.  Avec la gentillesse qui fait honneur aux  potaches et la tolérance qui caractérise les étudiants, nous les avions surnommées les trois Grâces. Rien de bien original, c'est vrai. Je crois que si j'avais à les fréquenter maintenant, je chercherais à savoir pourquoi, elles étaient ainsi.

<b>Jean-Baptiste Regnault</b> : <b>Les Grâces</b> : Les Trois Grâces
Les trois Grâces n'étaient pas si jolies. Elles étaient bien en chair soit, avaient chacune un type particulier et bien prononcé, mais elles n'étaient pas aussi gracieuses. Peut-être avaient-elle le regard un peu triste, mais je les soupçonne d'avoir eu la fesse plus molle, le sein tombant et le ventre lourd.
 Adolphe La Lyre, Les Trois Grâces

Les trois Grâces n'étaient pas coquettes et le bruit courait dans les couloirs de l'E.N. qu'elles empestaient le suint.

http://www.jamespradier.com/Pictures/Trois_Graces_marbre_Pradier_Louvre_large.jpg

Les trois Grâces, bien qu'inséparables, n'étaient pas si unies. Il n'y avait pas de tendresse dans les gestes qu'elles avaient l'une pour l'autre. Elles gardaient devant l'adversité une posture rigide et compassée.

http://www.weblettres.net/blogs/uploads/r/Roumegoux/4004.jpg

Les trois Grâces n'étaient pas joyeuses. Elles ne riaient jamais. Ou seulement pour se moquer des malheurs d'un plus malheureux qu'elles.

Le printemps

Les trois Grâces n'allaient jamais danser. On ne vit pas de gentils cavaliers tourner à leurs côtés.

 

http://img149.imageshack.us/img149/8480/07farne3ku7.jpg

Les trois Grâces n'inspiraient pas l'amour et les flèches qu'on leur connaissait étaient les piques cruelles de leurs paroles malfaisantes.

Franchement, nous aurions pu leur trouver un autre surnom, ou peut-être bien sûr les appeler par leur prénom.

 

Posté par Berthoise à 07:55 - - Commentaires [37] - Permalien [#]
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Commentaires sur Réédition : Les trois Grâces.

  • Et on m'a dit cruel...
    Finalement, à côté de vous on était des petits joueurs.
    Vous étiez quand même de sacrées garces.
    Mais il faut bien commencer par se faire les dents sur les plus faibles, hein ?

    Posté par le-gout-des-autr, samedi 26 janvier 2013 à 09:04 | | Répondre
    • Elles avaient de la défense.
      Mais le but de ce billet était de jouer avec les présentation des trois Grâces. Tout ce que je raconte ici n'est pas vrai.

      Posté par Berthoise, samedi 26 janvier 2013 à 10:35 | | Répondre
  • Jugements sévères dis donc !! Note que je voudrais bien aujourd'hui, recroiser le troupeau de personnes qui se moquaient de moi depuis ma naissance jusqu'à la fac, à la fac j'étais métamorphosée faut croire, mais les gens se moquait au bout d'un moment de mes blessures internes, je déteste encore plus ceux qui creusent et cherchent à savoir, juste pour passer leur curiosité.
    Mise au pilori parce que j'étais mal dans ma peau, et en grande détresse et en grande souffrance. Je suis née du rejet à commencer par celui de ma famille, mais punaise qu'est-ce que je suis bien renait (je trouve et c'est pas fini !!), j'en remercierai presque tout le cortège, si je n'avais autre chose à fiche Mais je garde en conscience que je leur dois beaucoup, on est déterminé par ses rencontres à un point assez édifiant, je trouve.

    Posté par sandrine, samedi 26 janvier 2013 à 09:42 | | Répondre
    • Le souvenir que j'en ai est qu'elles pouvaient être assez mauvaises aussi. Malheureuses peut-être ?
      Mais j'ai sacrément forcé le trait.

      Posté par Berthoise, samedi 26 janvier 2013 à 10:36 | | Répondre
  • Ce texte n'aurait pas déparé le Défi. Il me semble - mais ça n'engage que moi - qu'il n'y est pas interdit de "recycler" des textes anciens et que l'intérêt d'un atelier d'écriture réside dans la diversité des textes produits, dans la "patte" que l'on reconnaît à chacun, que l'on retrouve avec plaisir à chaque fois, semblable et différente, dans ce que l'écriture dévoile - comme ici la peinture ! - du caractère. Mais je ne vais pas ici écrire une autre préface, ça m'a causé trop d' "ennuis" : mon blog en a même disparu de la toile, du coup ! LOL !

    Bravo pour l'iconographie et bon week-end à toi et tous ceux toutes celles qui passent par ici !

    Posté par Joe Krapov, samedi 26 janvier 2013 à 09:52 | | Répondre
    • Oui qu'est-il donc arrivé à ton blog ?
      Depuis ce matin, on me dit que la requête est interdite.
      Bon WE aussi.

      Posté par Berthoise, samedi 26 janvier 2013 à 10:33 | | Répondre
      • Moi aussi je me suis heuretée à une interdiction de rentrer chez Joé ! grrrrr

        Posté par teb, samedi 26 janvier 2013 à 20:56 | | Répondre
  • Bien dit, Joe, nous ne sommes pas si scrupuleux que ça sur le respect strict de la consigne et le texte de la Vénus du Vexin aurait été le bienvenu. Mais bon, puisqu'on peut le lire ici, rien n'est mal fait !
    Merci Berthoise !

    Posté par Walrus, samedi 26 janvier 2013 à 10:19 | | Répondre
    • J’aimerais participer plus souvent mais je manque d'inspiration et surtout je ne prends pas le temps de me pencher avec constance sur les consignes.
      Mais ça reviendra.

      Posté par Berthoise, samedi 26 janvier 2013 à 10:39 | | Répondre
    • ah bon, on peut faire du recyclage?
      c'est bon à savoir

      Posté par Blogadrienne, samedi 26 janvier 2013 à 10:47 | | Répondre
      • Normalement non, mais il est impossible de vérifier qu'un texte est vraiment inédit...

        Posté par Walrus, samedi 26 janvier 2013 à 18:28 | | Répondre
  • les trois aigres, les trois acariâtres, les trois affreuses ! merci pour les belles images, comme une récompense.

    Posté par merecastor, samedi 26 janvier 2013 à 10:47 | | Répondre
    • Assez pisse-vinaigre, il faut bien le dire et complètement atypiques au milieu des fêtards invétérés qui peuplaient l'E.N.

      Posté par Berthoise, samedi 26 janvier 2013 à 14:51 | | Répondre
  • tu dis très bien dans ce texte les liens souvent perfides dans ce genre de "groupes" et les exclusions sur base de... look? généralement...

    Posté par Blogadrienne, samedi 26 janvier 2013 à 10:49 | | Répondre
    • Je les trouvais tartes oui, mais aussi assez malfaisantes et moralisatrices.

      Posté par Berthoise, samedi 26 janvier 2013 à 14:49 | | Répondre
  • J'ai fréquenté un temps un blog où il y avait, blogueuse + commentatrices, les trois (ou quatre ?) cousines de ces trois grâces, je ne regrette pas de ne plus les fréquenter, je n'ai pas grand chose contre ces personnes, j'en ai plutôt contre moi qui suis resté assez longtemps sans que ça me gène ; l'indulgence n'est pas toujours une qualité...

    Posté par Cristophe, samedi 26 janvier 2013 à 11:06 | | Répondre
  • J'ai le souvenir de 3 filles au lycée que l'on avait aussi surnommé les "3 Grâces" Des années après avec mes soeurs on aime bien en reparler et on en rit encore
    Sympa ton texte avec ces images Berthoise !

    Posté par brigou, samedi 26 janvier 2013 à 14:06 | | Répondre
    • Merci Brigou, le texte était surtout prétexte à montrer ces images.

      Posté par Berthoise, samedi 26 janvier 2013 à 14:52 | | Répondre
  • J'aime bien la peau laiteuse des trois Grâces de Jean-Baptiste Regnault, elles ont le rose aux fesses et le feu aux joues (ou peut-être l'inverse).

    Posté par lucm.reze, samedi 26 janvier 2013 à 17:55 | | Répondre
    • Blanche, blonde et grasse, j'ai raté mon époque.

      Posté par Berthoise, dimanche 27 janvier 2013 à 07:17 | | Répondre
  • L'école Normale, c'est presque d'un autre temps comme terme
    C'est bien de dépoussiérer des billets , celui là valait le coup , on se retrouve bien dans cette description
    C'est toujours un régal de revoir sculptures et tableaux de Grâces grassouillettes
    Les personnes qui ne rient jamais ont tout de même un peu de mal à attirer la sympathie ..

    Posté par Jeanne, samedi 26 janvier 2013 à 20:50 | | Répondre
    • C'est un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître.
      ♪ Montmartre en ce temps-là
      Accrochait ses lilas
      Jusque sous nos fenêtres ♫

      C'était Beauvais, et ça ne sentait pas la rose, crois-moi.

      Posté par Berthoise, dimanche 27 janvier 2013 à 07:15 | | Répondre
  • Peut-être étaient-elles mal dans leur peau, ces nanas !

    Posté par teb, samedi 26 janvier 2013 à 21:00 | | Répondre
    • À n'en pas douter, mais c'étaient aussi de vraies punaises : médisantes et moralisatrices.

      Posté par Berthoise, dimanche 27 janvier 2013 à 07:12 | | Répondre
  • Je trouve ton texte tragique, Berthoise (oui, je sais, ce n'est pas tout à fait la vérité) Surtout dans une école normale, où l'on formait les enseignants...quel manque de compassion ! Wow.

    J'aimerais bien te relire chez les Défiants (ou même chez un Mot, mais je sais que ce serait trop espérer), parce que tu as une très belle plume.

    Posté par joye, samedi 26 janvier 2013 à 21:46 | | Répondre
    • Tu sais, Joye, ce n'était pas des brebis sans défense. Je m'en souviens comme des filles qui pouvaient être elles aussi très méchantes.
      Mais ça n'excuse pas le surnom.

      Posté par Berthoise, dimanche 27 janvier 2013 à 07:08 | | Répondre
      • Je me demande, si on passe sa vie sous l'oeil qui juge, et pas favorablement, comment finit-on ? Souris soumise ou cactus qui pique ? Vous en avez sans doute parlé dans vos cours de psychologie.

        Posté par joye, dimanche 27 janvier 2013 à 16:59 | | Répondre
  • Moi je pense que le taulier t'aurait pardonné de ressortir un texte d'avant...
    Et franchement le tien n'aurait pas déparé parmi ceux des autres défiants...

    Posté par celestine T, samedi 26 janvier 2013 à 22:11 | | Répondre
    • Bah, tu sais, ce n'est pas très grave. Je reviendrai quand j'aurai plus de temps. Pour écrire et pour lire les autres participations.

      Posté par Berthoise, dimanche 27 janvier 2013 à 07:10 | | Répondre
  • moi aussi je suis un peu en stand by plus de défi plein d'idées de posts mais manque de temps et d'énergie ...alors je lis ici ou ailleurs et je me dis que ce serait bien aussi que je m'attaque à ma table et à lire ma bibliothèque
    j'aime bien ton texte c'est vrai que ça manque de compassion mais tous les jeunes sont comme ça . moi aussi je manquais de compassion ce qui est grave pour un médecin , ça vient avec l'âge et on a quelques regrets

    Posté par zigmund, samedi 26 janvier 2013 à 22:28 | | Répondre
    • Elles n'étaient pas aimables, nous ne les aimions pas.

      Posté par Berthoise, dimanche 27 janvier 2013 à 07:11 | | Répondre
  • Parfois on n'arrive en effet à aucune indulgence envers ces Trois Grâces qu'on a tous connues...

    Posté par El, dimanche 27 janvier 2013 à 00:04 | | Répondre
    • Et comme je n'étais pas non plus très bien dans ma peau( mais qui l'était ?), je pouvais moi aussi être assez vacharde.

      Posté par Berthoise, dimanche 27 janvier 2013 à 07:19 | | Répondre
  • t'as bien raison de te faire de la pub

    Posté par Mme de K, jeudi 17 avril 2014 à 09:54 | | Répondre
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