vendredi 1 mars 2013

Éditions irrégulières

Titre et couverture fabriqués là.

Mes amours ne sont pas si nombreuses qu'on puisse en faire un catalogue ou en tirer des conclusions. J'ai eu des amourettes, des aventures, des gros chagrins et puis j'ai rencontré mon mari. Depuis, je suis sage comme une image. Il m'arrive de broder, de rêver, d'imaginer des choses, mais je suis sage. Quelles anomalies peut-on trouver à mes amours ? Et puis d'abord qu'est-ce qu'une anomalie ?
A.− Caractère anormal de quelque chose.
1. En partic. d'un comportement :
1. Aussi, par un de ces jeux effrayants auxquels se plaît parfois la nature, et qui prouvait l'anomalie de son existence, pouvait-il dès l'âge de quatorze ans émettre facilement des idées dont la profondeur ne m'a été révélée que long-temps après? Balzac, Louis Lambert,1832, p. 14.
P. méton. Chose anomale ou anormale, exception à la règle :
2. L'hérédité de la pairie, monstrueuse anomalie dans l'ordre social actuel, ne sauroit avoir pour but ou que de flatter quelques vanités individuelles, et sous ce rapport elle seroit une insulte au reste de la nation; ... Lamennais, L'Avenir,1830-1831, p. 314.
3. Prince venait de publier un roman, qui avait eu quelque succès; c'était une sorte de confession, où le jeune homme analysait un amour homosexuel, et faisait de l'anomalie de son héros une des grandes marques de l'époque. Arland, L'Ordre,1929, p. 322.
2. P. ext. Bizarrerie, curiosité :
4. Dans ce prodigieux, cet inépuisable catalogue-raisonné-des-données-expérimentales, qui, mené à bien, devait aboutir à la certitude des certitudes, toutes les bizarreries, toutes les anomalies avaient leur place marquée, puisqu'elles étaient révélatrices à l'égal des phénomènes « normaux ». Béguin, L'Âme romantique et le rêve,1939, p. 4.
 
Alors non, il est normal qu'une jeune fille, qu'une jeune femme, qu'une femme soit attirée par quelqu'un qui lui prodigue attentions et tendresses. Mes amours ne furent pas anormales.
Mes amours ne présentèrent jamais une quelconque bizarrerie, sans doute furent-elles singulières, uniques et incomparables, mais pas bizarres, ni curieuses.
Je ne peux donc pas utiliser ce titre pour ma prochaine autobiographie. Quant à écrire un roman qui le justifierait, il est inutile d'y penser, je sais à peine me contraindre et suis rétive à toute discipline. Alors passer des plombes sur un bouquin, ça demande une constance  dont je suis incapable.
Mais je trouvais dommage de perdre une aussi jolie couverture, la photo est sympa, et le titre sonne bien même si je ne sais qu'en faire.

 

Posté par Berthoise à 08:47 - - Commentaires [37] - Permalien [#]
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Commentaires sur Éditions irrégulières

    Marrant, si on se concentre sur le bas du mur, les jeux d'ombres sur la partie blanche font penser aux plis d'une couette...

    Posté par Walrus, vendredi 1 mars 2013 à 09:27 | | Répondre
    • La couette, c'est de saison. Avec le froid qu'il fait, on ne veut plus ma quitter.

      Posté par Berthoise, vendredi 1 mars 2013 à 18:39 | | Répondre
  • "sans doute furent-elles singulières, uniques et incomparables, mais pas bizarres, ni curieuses."

    Comme toutes...

    Posté par le-gout-des-autr, vendredi 1 mars 2013 à 09:42 | | Répondre
    • C'est là qu'est le charme. Se souvenir avec le sourire de nos amours.

      Posté par Berthoise, vendredi 1 mars 2013 à 18:40 | | Répondre
  • Tiens, c' est pas bête, ça! Publier les couvertures de bouquins qu' on n' écrit pas ....

    Posté par Pierrot Bâton, vendredi 1 mars 2013 à 09:43 | | Répondre
  • J'aime bien ce billet.
    Mes amours sont un peu pareilles, tiens. Sans doutes.
    Et moi aussi maintenant je suis très sage.

    Posté par valecrit, vendredi 1 mars 2013 à 10:12 | | Répondre
    • Soyons modestes, Valérie, comme beaucoup.

      Posté par Berthoise, samedi 2 mars 2013 à 15:16 | | Répondre
  • je ne me souviens pas du nom d'un psychiatre anglais fort caustique qui a écrit que l'amour était une maladie pour laquelle on n'avait pas émis de diagnostique précis, l'amour serait anormal, donc. M'enfin je ne sais s'il causait d'amour ou de désir, les gens confondent souvent une vive attirance physique qui n'a rien à voir avec l'amour ou si peu.

    Pour moi, l'amour est un sentiment profondément enraciné qui fait que lorsque les gens qu'on aime ou qu'on a aimé meurent, on porte leurs os sur notre dos (c'est en faisant mes premiers deuils que j'ai réalisé ça) . Dans le rapport du couple, ce n'est pas différent y'a juste le cul en plus, certes et ce n'est pas rien comme plus), une intimité plus grande donc, mais soit je suis anormale (ce qui 'est fort probable) soit l'amour est forcément fait de tendresse et d'attentions et ne finit pas forcément au pieu. Ouf, manquerait plus qu'il faille échanger nos fluides corporel avec tous les gens qu'on aime ;-D

    Posté par sandrine, vendredi 1 mars 2013 à 10:56 | | Répondre
  • je ne me souviens pas du nom d'un psychiatre anglais fort caustique qui a écrit que l'amour était une maladie pour laquelle on n'avait pas émis de diagnostique précis, l'amour serait anormal, donc. M'enfin je ne sais s'il causait d'amour ou de désir, les gens confondent souvent une vive attirance physique qui n'a rien à voir avec l'amour ou si peu.

    Pour moi, l'amour est un sentiment profondément enraciné qui fait que lorsque les gens qu'on aime ou qu'on a aimé meurent, on porte leurs os sur notre dos (c'est en faisant mes premiers deuils que j'ai réalisé ça) . Dans le rapport du couple, ce n'est pas différent y'a juste le cul en plus, certes et ce n'est pas rien comme plus), une intimité plus grande donc, mais soit je suis anormale (ce qui 'est fort probable) soit l'amour est forcément fait de tendresse et d'attentions et ne finit pas forcément au pieu. Ouf, manquerait plus qu'il faille échanger nos fluides corporels avec tous les gens qu'on aime ;-D

    Posté par sandrine, vendredi 1 mars 2013 à 10:56 | | Répondre
    • Non, non pitié. Pas d'échanges intempestifs !

      Posté par Berthoise, samedi 2 mars 2013 à 15:27 | | Répondre
  • Être très sage, oui, mais ne pas être trop sage, voilà le défi que je me lance chaque jour.
    Parce qu'au final, personne ne tient les comptes de notre vie à notre place.
    Et que le plus important c'est de vivre, d'aimer et de se sentir en accord avec son moi profond. ( et ça ne s'arrange pas en vieillissant, avec le sentiment d'urgence dont je causais dans mon billet tantôt)

    Posté par celestine T, vendredi 1 mars 2013 à 11:46 | | Répondre
    • Sage mais pas trop ?
      Vivre sans se faire mal ni blesser les autres.

      Posté par Berthoise, samedi 2 mars 2013 à 15:22 | | Répondre
  • J'aime bien cette couverture, elle fait rêver, on peut rêver d'écrire et ne jamais écrire, c'est faire preuve de sagesse, imagine qu'on écrive comme Marc Lévy...

    Posté par heure-bleue, vendredi 1 mars 2013 à 12:02 | | Répondre
  • Tu viens de trouver quoi en faire, au contraire, nous le montrer et en écrire un très joli billet, mi-savant, mi-charmant.

    Posté par merecastor, vendredi 1 mars 2013 à 17:51 | | Répondre
    • Mère Castor, tu es un amour.

      Posté par Berthoise, samedi 2 mars 2013 à 15:28 | | Répondre
  • L'anomalie, je crois, c'est de ne pas aimer, et même parmi les amants, les amours, et les "also-ran" (le dico donne 'perdant', c'est peu satisfaisant, le also-ran perd, bien sûr, mais il courait à la course, quand même), il y a mille sortes d'amour, ne trouves-tu pas, Berthoise ?

    Peut-être te faut-il un nègre (*), ce serait trop bête pour le monde de ne pas connaître ton histoire.

    (*) quel mot laid, pouah ! En anglais, c'est plus cool, ze "ghost writer" (l'auteur fantôme)...

    Posté par joye, vendredi 1 mars 2013 à 22:59 | | Répondre
    • Il fut une période où j'étais pleine de philosophie et je disais quand une histoire d'amour ne marchait pas : "c'est fini mais c'est pas triste. Ce n'est pas parce que c'est terminé que tout est à jeter "

      Posté par Berthoise, samedi 2 mars 2013 à 15:24 | | Répondre
      • Et tu avais raison, pardi !

        Posté par joye, samedi 2 mars 2013 à 15:51 | | Répondre
  • c'est là le gros intérêt des blogs par rapport à l'écriture d'un livre : on est libre de son sujet, de la façon de le traiter , on est libre de faire des pauses. le problème du livre c'est qu'il faut justement le livrer à un gars (un éditeur) qui va vouloir y poser sa patte
    cela dit j'aime bien cette couverture et ce titre

    Posté par zigmund, vendredi 1 mars 2013 à 23:59 | | Répondre
    • Et libre de raconter tout un tas de sornettes. Du reste, je ne m'en prive pas.

      Posté par Berthoise, samedi 2 mars 2013 à 15:26 | | Répondre
  • Ton livre est parfait car comme tous les livres que je n'ai pas encore lus, ils me font rêver ! Si c'est pas déjà une réussite, ça !

    Posté par El, samedi 2 mars 2013 à 08:33 | | Répondre
    • Je te dédicace mon premier opus si un jour je l'écris.

      Posté par Berthoise, samedi 2 mars 2013 à 15:21 | | Répondre
  • bin si, tu as su quoi en faire! tu nous en as fait un chouette petit billet (bleu)

    Posté par Blogadrienne, samedi 2 mars 2013 à 09:48 | | Répondre
  • Pas simple d'aborder ce sujet en restant sincère vis à vis de soi même
    Oui , l'amour se vit individuellement , on le donne , on le reçoit , par épisodes en vrai , en rêves , et tant mieux , ça maintient en vie
    garde ce livre bien au chaud dans un coin de ta biographie éphémère et virtuelle Berthoise

    Posté par Jeanne, samedi 2 mars 2013 à 10:30 | | Répondre
    • Des amours en rêve, j'en ai plein.

      Posté par Berthoise, samedi 2 mars 2013 à 15:31 | | Répondre
  • J'ai déjà écrit la préface de ce livre. Si tu as besoin d'une postface, tu sais où t'adresser ! (J'ai même ta nécrologie et une interview de l'auteur dans Marie Splatch mais je crois que c'est bidonné : les rédactrices ne t'ont jamais rencontrée ni lue !)

    Posté par Joe Krapov, samedi 2 mars 2013 à 19:08 | | Répondre
    • Ma nécrologie ! ? :O
      Mais je suis jeune encore, Si-si.

      Posté par Berthoise, lundi 4 mars 2013 à 07:08 | | Répondre
  • J'ai suivi ton lien, et il m'echoit de rédiger promptement "La montagne des sentiments", qui sera très fortement influencé par la lecture de ton premier opus. Curieusement mon vrai succès s'intitulera "L'abomination des nyctalopes". Heureusement, pour "La joie du musicien" j'ai déjà quelques chapitres prêts !

    Posté par El, samedi 2 mars 2013 à 21:45 | | Répondre
    • Au boulot ! Hop, hop, hop ! Quoi ? Tu dis ? C'est les vacances ? Justement profite s’en ! Au boulot !

      Posté par Berthoise, lundi 4 mars 2013 à 07:06 | | Répondre
  • Ah justement je cherchais ce lien.

    Donc en gros le livre qui n'existe est l'antithèse du titre.

    Posté par caro_carito, lundi 4 mars 2013 à 21:40 | | Répondre
  • Allez, il faudrait vous lancer : vous avez déjà la couverture ! Et c'est bien tentant.

    Posté par Bonheur du jour, mardi 5 mars 2013 à 07:00 | | Répondre
    • Je crois qu'il va falloir vous armer de patience. Je ne suis pas en état d'écrire quoi que ce soit en ce moment.

      Posté par Berthoise, mercredi 6 mars 2013 à 10:50 | | Répondre
  • J'avais un brouillon sur le même thème.
    Je ne vais pas oser le poster.

    Titres aléatoires retenus :

    - L'avidité d'une insoumise
    - Le complexe des damnés (j'aurais préféré la damnation des complexées...)

    Posté par Marie, jeudi 7 mars 2013 à 15:54 | | Répondre
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