mardi 6 février 2018

Courage, quand nécessité fait loi.

Depuis quelques temps, j'entends, on me dit, on m'écrit :
" Tu es courageuse ! "

OK.

Courage, voici ce qu'en dit le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales ( c'est mon Robert à moi )

Endurance née de l'habitude des situations difficiles, de l'apprentissage du danger.

Effort fait sur soi-même pour résister à une épreuve, combattre une répugnance ou reconnaître une vérité désagréable.

Maîtrise de soi qui permet une attitude calme, réfléchie

Endurance née de l'habitude des situations difficiles, de l'apprentissage du danger.

J'ai choisi les définitions qui me paraissent convenir à la situation.

Je veux ajouter que je n'ai pas le choix de vivre autrement ce que je vis. Si j'avais le choix, je serais encore en classe et ça ne m'épuiserait pas ; si j'avais le choix, je serais capable de partir n'importe où sans me demander comment et où me poser ; si j'avais le choix je m'habillerais le matin, sans chercher un appui pour ne pas tomber, j'enfilerais mes chaussettes sans même y penser. C'est ça, si j'avais le choix, je pourrais vivre sans réfléchir sans cesse à la façon de me tenir pour effectuer toutes les tâches du quotidien. C'est peut-être ça qui m'épuise et m'empêche de me concentrer sur un livre, un film, une conversation, l'obligation de penser toutes mes actions.

Quel autre choix ai-je ?

Alors oui, je fais de la rééducation 4 fois par semaine et il m'arrive de pleurer de rage sur les exercices que je n'arrive toujours pas à effectuer. Pourtant j'essaie, je veux, mais je ne peux pas. Est-ce ça le courage ?

J'étais si fière de mon corps. Pas de l'esthétique, mais de son endurance, de sa capacité à répondre à mes demandes. J'étais sportive, pas de haut niveau, ni même de quelque niveau que ce soit, mais j'étais sportive, je nageais vite et longtemps, je marchais vite et longtemps, je skiais vite et longtemps. J'avais de l'endurance et de la puissance. J'étais fière de mon corps.

Et il me lâche, le salaud. Je ne suis pas courageuse, je suis désespérée. Je mets l'énergie du désespour à sauver ma mobilité.

Posté par Berthoise à 11:00 - Commentaires [45] - Permalien [#]


Commentaires sur Courage, quand nécessité fait loi.

    Tu n'es pas d'autre choix, te battre pour vivre, vivre vraiment.

    Posté par heure bleue, mardi 6 février 2018 à 12:36 | | Répondre
    • C'est ça, c'est pas du courage, c'est que j'ai pas le choix.

      Posté par Berthoise, mardi 6 février 2018 à 18:35 | | Répondre
  • Dans un autre domaine, je suis dans le même cas : mettre deux fois plus de temps que d'ordinaire pour les gestes simples, et même dans mon cas, ne plus sortir de chez moi puisque reliée à un appareil jour et nuit. Je résiste, j'en fais moins, je lis, j'écris, je "bricole" les cartes d'anniversaire, je jette ce qui n'est pas indispensable, Mais avant, je filais au premier rayon de soleil avec l'appareil photo. Je faisais moult petits voyages et visitais ou participais à des tas d'activités.

    MAIS je ne souffre pas, enfin pas vraiment avec des douleurs qui m'empêcheraient de penser. C'est pour cela que j'ai écrit que tu es courageuse.

    Posté par Sophie, mardi 6 février 2018 à 14:06 | | Répondre
    • Je ne participe plus à aucune activité : chorale, fini, yoga, terminé, tai chi, fini et le boulot qui m'apportait une sacrée vie sociale, fini aussi.
      Ça me manque terriblement.

      Posté par Berthoise, mardi 6 février 2018 à 18:35 | | Répondre
  • Courage : Acte de faire face, essentiellement parce qu'on ne peut pas faire autrement.
    Par ex : J'ai le courage de ne pas céder à l'envie de fuir (même si c'est parce que je suis paralysé par l'arthrose encore plus que par la trouille).

    Posté par le_gout_des_aut, mardi 6 février 2018 à 14:13 | | Répondre
    • De toute façon, je ne peux plus courir. Alors pour fuir, c'est rapé, obliger de faire face.

      Posté par Berthoise, mardi 6 février 2018 à 18:32 | | Répondre
      • On est quelques-uns je crois à ne plus pouvoir fuir pour cause de douleurs circonstanciées ou chroniques. Je ne saurais même plus m'enfuir pour aller passer une journée à Paris... Que ferais-je d'ailleurs, quand j'arriverais à Paris ?

        Posté par quartzrose, dimanche 11 février 2018 à 16:48 | | Répondre
  • Ma belle, on dirait que tu es dépressive. C'est à cause de la douleur, certes, mais peut-être aussi des médocs ou de l'exercice dont ton dos te prive. Tu as besoin de te distraire un chouïa.

    Voudrais-tu adopter un petit cochon à soigner ? Écrire des lettres de corbeau pour dénoncer les voisins ? T'offrir une sarbacane et envoyer des fêves de tout un chacun qui te dit que tu es dépressive ?

    Posté par joye, mardi 6 février 2018 à 15:14 | | Répondre
    • Corriger ma syntaxe bancale ? (mèfi, tu en aurais pour une minute)

      Posté par joye, mardi 6 février 2018 à 15:16 | | Répondre
      • Peindre le plafond avec tes orteils ?

        Posté par joye, mardi 6 février 2018 à 15:17 | | Répondre
        • Perfectionner ton imitation de Miley Cyrus en te rasant le crâne, fumant six mille clop's et puis chantant "Wrecking Ball" que tu venais de traduire en wolof ?

          Posté par joye, mardi 6 février 2018 à 15:18 | | Répondre
          • Me tricoter un bâillon qui a "Ferme ta grande gueule, Joye" en blason ?

            Posté par joye, mardi 6 février 2018 à 15:20 | | Répondre
          • Et oui, y'a des moments de découragement et des moments où ça va mieux.
            Voir du monde, c'est surtout ça dont j'ai besoin.

            Posté par Berthoise, mardi 6 février 2018 à 18:30 | | Répondre
          • Fais quelque chose de sympa pour eux. C'est la meilleure façon d'oublier ses propres problèmes. Si possible, fais-le anonymement, et puis tu ne seras pas déçue s'ils oublient de te remercier.

            Posté par joye, mardi 6 février 2018 à 19:58 | | Répondre
  • elles sont très bien, les définitions de ton petit Robert à toi et c'est exactement à ça que tu réponds en écrivant ce billet! j'admire beaucoup, je ne sais pas si je pourrais le faire... Bises, Berthoise!

    Posté par Adrienne, mardi 6 février 2018 à 16:48 | | Répondre
    • Mais biensûr Adrienne,que tu pourrais le faire car tu n'aurais pas le choix.

      Posté par Berthoise, mardi 6 février 2018 à 18:25 | | Répondre
  • Faire face, être courageuse ... facile à dire quand on n'est pas concerné ! Comment réagirai je dans ta situation ?? je ne sais pas !!

    Posté par brigou, mardi 6 février 2018 à 17:31 | | Répondre
    • Tu ferais la même chose, tu essaierais de bouger ta carcasse.

      Posté par Berthoise, mardi 6 février 2018 à 18:26 | | Répondre
  • Le courage, la maîtrise de soi peuvent s'amenuiser quand les situations durent, et conduire au désespoir Ne plus pouvoir faire ce que l'on aime et étais capable de faire est déprimant, d'autant plus que tu es encore jeune. Je suis de tout cœur avec toi... hélas c'est bien peu de chose... Je t'embrasse bien amicalement.

    Posté par Praline, mardi 6 février 2018 à 18:04 | | Répondre
    • Oui, je suis encore jeune.
      Je croyais que la vieillesse était une pente douce qu'on descendait tranquillement. C'est un gouffre qui s'est ouvert sur mon chemin, et je suis tombée dedans. C'est dur, très dur de remonter.

      Posté par Berthoise, mardi 6 février 2018 à 18:28 | | Répondre
      • Je le croyais aussi ... Ce que tu dis est exactement ce que je ressens depuis 10 mois , depuis l'avc de mon mari ... Moralement j'ai pris 10 ans (lui aussi), je n'arrive plus à lire à peine à écrire un commentaire sur "les blogamis " ... Alors on peut dire qu'il me reste le courage de faire ce que je dois faire quotidiennement , c'est pas si mal tout compte fait...
        Mais toi chère Berthoise , tu es jeune encore j'ai suivi ton calvaire dans tes notes et je sais combien tu es courageuse et tu vas remonter la pente ! Courage !

        Posté par Francelyne, mercredi 7 février 2018 à 14:18 | | Répondre
  • J’espère qu’a L’heure où je t’ecris tu vas mieux. Je comprends ces moments de découragement.
    Moi je pense que si, tu as puisé assez de courage en toi pour faire face au mieux. Tu aurais pu sombrer dans une lourde dépression, te résigner et abandonner.
    Bien sûr que tu es courageuse, si.

    Posté par Val, mardi 6 février 2018 à 20:38 | | Répondre
    • Je crois que la déprime est bien là, pas encore la dépression, mais une bonne grosse déprime des familles.

      Posté par Berthoise, jeudi 8 février 2018 à 08:13 | | Répondre
  • Trop touchant. Tu es effectivement courageuse d'après ces définitions, et non au sens où l'entendent les gens. Le courage développé par l'habitude et la nécessité, l'énergie du désespoir. Bravo pour cette sincérité qui fait réfléchir et prendre conscience.

    Posté par Tomtom, mercredi 7 février 2018 à 23:56 | | Répondre
    • Bonjour Tomtom
      j'ai un bon copain qui s'appelle comme toi, il m'évite de me perdre et a réduit le nombre d'engueulades dans la voiture.
      Ton lien ne marche pas.

      Posté par Berthoise, jeudi 8 février 2018 à 08:15 | | Répondre
  • Comme on dit je ne sais plus où "te désunis pas".
    Fais gaffe à ne pas lâcher prise parce qu'après, faut remonter et ça, c'est difficile.
    (et puis je voulais te dire, "l'esthétique de ton corps", elle est pas mal du tout.)

    Posté par le_gout_des_aut, jeudi 8 février 2018 à 09:32 | | Répondre
  • Quand on se lève en sachant que chaque geste de la journée sera un combat et qu'on y va quand même, perso moi j'appelle ça du courage ! le vrai désespoir serait de te laisser sombrer ... Des bises de réconfort ...

    Posté par colettemoi, jeudi 8 février 2018 à 10:36 | | Répondre
  • chère Berthoise, je me retrouve terriblement dans tes mots
    Mon "courage" s'est teinté de désespoir...
    Chaque min est un combat
    Je t'embrasse

    Posté par coumarine, jeudi 8 février 2018 à 19:15 | | Répondre
    • Merci Coumarine.
      Faut qu'on tienne, on va s'en sortir.

      Posté par Berthoise, mardi 13 février 2018 à 18:04 | | Répondre
  • Tu te sens mieux?
    Comment vas tu?

    Posté par Val, vendredi 9 février 2018 à 23:14 | | Répondre
    • Oui, je me sens mieux.
      J'ai moins mal et plus d'énergie.

      Posté par Berthoise, dimanche 11 février 2018 à 18:36 | | Répondre
  • Je ne vais pas écrire "je comprends" parce que je ne suis pas dans ta situation. Tu as tout à fait le droit, la possibilité de râler, de crier ton ras le bol, de pleurer sur ton sort, sur ta situation "physique" du moment.
    Tu souffres, tu en as "plein le dos" et le temps te paraît bien long, c'est légitime.
    Fais confiance à tes soignant, à ton entourage et à surtout à toi-même tu verras, tu as de la ressource il faut du temps probablement beaucoup de temps mais tu vas aller mieux.

    Une bise, Bleck

    Posté par Bleckattitude, samedi 10 février 2018 à 01:02 | | Répondre
    • Oui, hier et aujourd'hui ça allait mieux.

      Posté par Berthoise, dimanche 11 février 2018 à 18:37 | | Répondre
  • Ma chère Berthoise, je t'envoie un peu de mon énergie... C'est sans doute facile à dire mais tu verras, tu finiras par y arriver. Le soleil est toujours derrière les nuages...

    Posté par sous mon tilleul, dimanche 11 février 2018 à 13:50 | | Répondre
    • Je prends Tilleul. Je crois au pouvoir de la pensée.

      Posté par Berthoise, dimanche 11 février 2018 à 18:38 | | Répondre
  • C'est demain que tu as un examen. Dis-nous ce qu'il en est ; j'espère que tu as les résultats immédiats, car rien n'est plus usant que de les attendre.
    Pour moi, ce sera mardi.

    Posté par Sophie, dimanche 11 février 2018 à 16:48 | | Répondre
    • Oui c'est demain, et toi que passes-tu mardi ?

      Posté par Berthoise, dimanche 11 février 2018 à 18:38 | | Répondre
  • Je me souviendrai toujours de ce dialogue avec ma mère qui me disait :
    je trouve que tu as beaucoup de courage

    - note, je vivais tout à fait normalement, je travaillais, j'avais une famille, etc. Comme beaucoup de monde... Mais je répondais :

    - mais je n'ai pas de courage.

    A quoi elle me disait que le courage, il en fallait parfois beaucoup... Pour en avoir un tout petit peu. Elle aimait bien les aphorismes.

    Je comprends. La douleur va avec l'épuisement (et parfois l'inquiétude). On se rappelle les époque où l'on avait du peps... Et avec l'épuisement vient la déprime. Et avec la déprime (qu'on ne peut s'empêcher d'exprimer) on risque parfois d'ennuyer ses amis. Il faut donc trouver des solutions pour ne pas embêter autrui (je parle pour moi ici), vivre avec cet épuisement, surtout... et le reste.

    Mais l'amitié qui vient par les blogues est déjà un puissant réconfort...

    Posté par quartzrose, dimanche 11 février 2018 à 16:54 | | Répondre
    • J'ai la chance d'être entourée de gens gentils et patients. Heureusement.
      C'est moi qui manque de patience.

      Posté par Berthoise, dimanche 11 février 2018 à 18:39 | | Répondre
  • Dis Berthoise, Tomtom, qui signe aussi parfois Tomtom la Tomate a un blog sur blogspot.

    http://rockandvolck.blogspost.de

    J'espère que je l'ai bien orthographié.

    (Ah oui, pour l'entourage, bien sûr, cela va aussi).

    Posté par Pivoine, dimanche 11 février 2018 à 20:04 | | Répondre
  • Je connais par une amie proche en souffrance cette absence de choix. reste que choisir de se battre pour gagner un tout petit peu, c'est aussi du courage même si on subit une situation qu'on aurait bien évité si on avait pu !
    Oui, l'entourage est essentiel. C'est lui qui doit avoir le plus de courage.
    Je t'embrasse.

    Posté par lakevio, lundi 12 février 2018 à 12:07 | | Répondre
    • Merci Lakévio.
      Il y a des gens dans des situations bien plus douloureuses que la mienne. j'ai la chance d'être entourée, bien soignée et sans gros problèmes matériels.

      Posté par Berthoise, mardi 13 février 2018 à 18:03 | | Répondre
  • Tu as les résultats de ton examen?

    Posté par sous mon tilleul, mardi 13 février 2018 à 11:40 | | Répondre
    • Tout va bien, pas d'urgence chirurgicale.

      Posté par Berthoise, mardi 13 février 2018 à 18:00 | | Répondre
Nouveau commentaire