lundi 30 avril 2018

Un tableau , une histoire : Travailleuse, travailleur

Yuri-Bosko-a-working-woman-circa-1960

Yuri Bosko

Travailleuse, travailleur, on vous ment, on vous spolie.

Souvent, je suis allée à la fête de LO à Presles à la Pentecôte. Et j'ai écouté Arlette. Et j'ai chanté l'Internationale le poing levé.

"Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !"

J'y ai tenu des stands, j'avais une copine dont la sœur et le frère étaient d'acharnés militants, alors on avait, en plus de payer l'entrée, le droit de bosser. Mais c'était drôle. Je me souviens avoir demandé aux gens leurs jetons ( pas d'argent du capital sur la fête de LO) pour leur faire repasser des robes de poupées. Ça marchait, j'avais du bagout et du culot. C'était pas dans le contrat, mais je trouvais ça tellement drôle d'haranguer les badauds pour ce truc si absurde. On s'appelait " copain, copine ", pas camarade. Faut pas confondre.
On dormait à 4 dans une petite canadienne, dans la boue et les vapeurs d'herbe et d'alcool. Je n'ai jamais connu la fête de LO sous le soleil, ou j'ai oublié. On s'est toujours cogné la pluie. Mais on riait et pas qu'à cause des cigarettes qui font rire. On y a vu Renaud, Anne Sylvestre, Paul Personne ( non, lui c'est au printemps de Bourges) et d'autres que j'ai oubliés. Ah oui, un truc qui s'appelait TchoukTchouk Nougâh avec François Rollin.

 

J'y ai mangé une salade lyonnaise et une cervelle de canut. Un délice. Est-ce là que j'ai chopé le virus lyonnais qui m'a donné la fièvre pendant quelques années, plus tard ?

Quand j'ai rencontré mon mari, il y allait, lui aussi, pour jouer aux échecs. Il y avait toujours un grand maître qui faisait des simultanées. Et jouer contre un grand maître, même pour prendre une déculottée, ça n'a pas de prix. On y est allés une fois ensemble.

Je crois que je ne suis pas retournée à Presles depuis la naissance des enfants et le grand vient d'avoir 27 ans. Mais il m'arrive encore de chanter l'Internationale, le poing levé. Elle me fait monter les larmes aux yeux, je suis très émotive, ce n'est pas un secret.

 

Posté par Berthoise à 06:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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Commentaires sur Un tableau , une histoire : Travailleuse, travailleur

    oh que j'aime ce que tu écris
    bises, Berthoise!

    Posté par Adrienne, lundi 30 avril 2018 à 07:46 | | Répondre
  • L'enthousiasme, y a que ça de vrai, la cause au bout du compte importe peu

    Posté par Walrus, lundi 30 avril 2018 à 08:27 | | Répondre
  • J'aime ton texte, j'aime les ziques que tu nous proposes et celles que tu nous rappelles...
    J'ai aussi quelques musiques qui embuent mes yeux....

    Posté par Sophie, lundi 30 avril 2018 à 09:53 | | Répondre
  • J'adore, et finalement, elle nous manque Arlette. Bonne journée copine.

    Posté par heure-bleue, lundi 30 avril 2018 à 10:00 | | Répondre
  • Toi au moins tu as eu une idée...
    Sympa en plus.
    (un jour je te raconterai une réunion du PCI. C'était quelque chose.)

    Posté par le_gout_des_aut, lundi 30 avril 2018 à 10:11 | | Répondre
  • Très beau chant, je l'ai parfois écouté mais jamais aussi bien chanté.
    A 20 ans, ma mère a tenté de m'emmener aux réunions du PC... mais à l'époque j'étais bien plus intéressée par mon bel italien que je venais de rencontrer
    J'ai admiré le courage et l'endurance d'Arlette.
    On est loin de tout ça maintenant...

    Posté par Praline, lundi 30 avril 2018 à 14:13 | | Répondre
  • Zut, le voisin est dehors. Faut que je baisse le son..J'habite maintenant un quartier "bourge", faut pas qu'on pense que je suis coco....Au fond, je ne sais plus qui je suis, une femme qui se la joue "bourge", qui aimerait ressembler aux bourgeoises ou une révolutionnaire au fond de moi..J'ai eu voté pour tellement d'hommes politiques différents, d'Arlette à Sarko, de Mitterrand à Chirac, de Mélenchon à Giscard...pas pour les 2 derniers, ne me retrouvant pas dans ces deux-là, surtout le dernier qui se la joue grand patron de tous les français et qui veut nous mener à la baguette, se contrefichant du mal qu'il nous fait...Sa façon de faire est celle des grands patrons du CAC40, pas des petits patrons qui en bavent autant que leurs ouvriers.
    Et dire qu'il n'a que 40 ans !...Et dire que tant de femmes se pâment devant lui. Mon petit fils hurle dès qu'il le voit à la télé "mamie, y'a m...on à la télé", pensant me faire plaisir. Je lui réponds "mon pauvre petit, et dire que tu risques dans 20 ans de l'avoir encore devant les yeux"...Son père était tout étonné qu'il le connaisse.. ll lui a demandé "tu connais M.....? "oui, mamie éteint la télé quand elle le voit"..

    Les chants révolutionnaires me remuent les tripes..J'admire ceux qui manifestent, ceux qui essaient de défendre leur pain quotidien, NOTRE PAIN.....
    Presles, nous avons un lycée, situé dans une zone ouvrière qui porte le même nom.
    Pour une veille de 1er mai, tu as fait un devoir en plein dans le mille. Bravo..

    Posté par Julie la rousse, lundi 30 avril 2018 à 14:34 | | Répondre
  • Super devoir, Berthoise. J'ai beaucoup aimé Arlette. Sans être encartée nulle part, je dois dire que l'enthousiasme de la CG* à défendre les travailleurs spoliés que nous étions alors m'a toujours plus entraînée que l'autre syndicat...
    J'aime bien l'Internationale aussi. Il n'y a qu'une chose qui me chiffonne à présent, c'est qu'on ne peut faire du passé table rase parce que sans racines, l'arbre meurt...

    Posté par lakevio, lundi 30 avril 2018 à 18:05 | | Répondre
  • J'azvais infiniment de respect pour Arlette, et j'ai même voté une fois our elle afin qu'elle puisse avoir les 5 % qui la feraient rentrer dans ses frais ! Elle n'a jamais varié et elle fut une "pure" dans un onde pourri.

    Posté par bourlingueuse, lundi 30 avril 2018 à 20:25 | | Répondre
  • C'est sympa ce billet, en cette veille de commémoration de mai 68...
    Cinquante ans ont passé et il y a de plus en plus de pauvres...Chercher l'erreur.
    ¸¸.•*¨*• ☆

    Posté par celestine T, lundi 30 avril 2018 à 23:09 | | Répondre
  • Trop timorée pour m'engager autrement que par le bulletin de vote. Jamais chanté l'Internationale mais comme le Chant des Partisans et le Salve Regina, ils me prennent aux tripes. Désormais j'habite dans une ville dont le maire, élu à la régulière, se réclame de l'exclusion et de la préférence nationale alors je me terre et me tais;

    Posté par nicole 86, mardi 1 mai 2018 à 09:42 | | Répondre
  • Moi aussi, j'aime beaucoup votre texte.
    Passez un bon premier mai.

    Posté par Mme Chapeau, mardi 1 mai 2018 à 09:46 | | Répondre
  • Quelle détermination chez Arlette ! J'aime les gens engagés avec conviction et qui en font le combat de leur vie.

    Posté par Vero reve, dimanche 6 mai 2018 à 08:03 | | Répondre
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