lundi 19 novembre 2018

Un tableau, une histoire de Lakévio : Où vais-je, où suis-je, dans quel état j'erre ?

Carrie Graber - night-drive

 Carrie Graber

 

 

"Voici l'heure où commence l'histoire de Germaine Malorthy, du bourg de Terninques, en Artois."

Sur la route, elle cherche le point de rendez-vous du rassemblement. Bien sûr qu'elle participe. Elle a tout bien préparé : les banderoles, le mégaphone. Elle a planché avec Mauricette sur les paroles d'une chanson à reprendre à tue-tête sur l'air de " Merci, Patron ".
Mauricette avait suggéré de partir ensemble; Germaine était passée à l'heure convenue devant chez elle. Mais rien, les volets étaient clos, elle avait eu beau tambouriné à la porte, elle n'avait entendu que Rufus qui aboyait rageusement. Elle avait appelé Mauricette : Oscar lui avait proposé de la prendre et elle avait oublié de la prévenir.
C'est toujours comme ça avec Mauricette, c'est difficile de lui faire confiance en quoi que ce soit. Heureusement que c'est elle, Germaine, qui devait la véhiculer, sinon, elle aurait attendu en vain chez elle. Mais bon, on la connait, Mauricette, et on lui pardonne. Elle est si drôle. Elle met de la fantaisie dans tout ce qu'elle fait. Tiens, les paroles de la chanson, c'est elle qui a trouvé les jeux de mots les plus drôles et les formules qui claquent.

Mais, pour le moment, Germaine est bien en peine de trouver le lieu de rendez-vous, une maison isolée, dans un bled perdu. Elle scrute l'itinéraire sur son téléphone. Elle ne doit plus être bien loin, à présent. Elle baisse le son de la musique et entend des rires et des cris. C'est ça, elle y est.

Elle embrasse tout le monde, distribue les banderoles, et les paroles de la chanson. Gudrun nest pas encore arrivée. Hector doit l'amener quand tout sera prêt.

Certains de la bande se sont occupés de l'intendance : la boisson, les gobelets, et bien sûr le gâteau.

Soudain, chut les voilà. Gudrun et Hector arrivent. On fait silence pour que la surprise soit totale.

Après, on rit, on chante, on mange un peu, on boit beaucoup.  On regarde les saynettes en se gondolant. On danse. Les plus vieux commencent à partir. Les amoureux s'éclipsent. Gudrun remercie chaleureusement ses amis. C'est un anniversaire surprise dont elle se souviendra. Hector l'emmène comme il l'a amenée. Avec élégance. C'est fini.

 

"La nuit noire et le bruit assourdissant des criquets s'étendent de nouveau, maintenant, sur le jardin et la terrasse, tout autour de la maison."

Posté par Berthoise à 07:59 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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Commentaires sur Un tableau, une histoire de Lakévio : Où vais-je, où suis-je, dans quel état j'erre ?

    Ah oui ! au début j'ai pensé à tout autre chose avec tes banderoles et le son de merci macron. Mais pourquoi pas fêter un anniversaire en chantant et en manifestant, hein ?
    Belle journée à toi.

    Posté par delia63980, lundi 19 novembre 2018 à 09:11 | | Répondre
  • Chouette !
    Néanmoins : C'est vrai ? Elle s'appelle Gudrun ?

    Posté par le-gout-des-autr, lundi 19 novembre 2018 à 09:34 | | Répondre
    • C'est parce qu'elle a été conçue en 2005, pendant la nuit de la tempête Gudrun …

      Posté par alainx, lundi 19 novembre 2018 à 10:08 | | Répondre
  • Un anniversaire réussi, c'est une chouette lecture.

    Posté par heure-bleue, lundi 19 novembre 2018 à 11:08 | | Répondre
  • Manquait plus qu'un car de CRS pour compléter l'illusion

    Posté par Walrus, lundi 19 novembre 2018 à 11:26 | | Répondre
  • Je me disais que voilà un devoir qui allait coller à l'actualité....

    Tu nous mènes en bateau... aussi ???

    Chouette idée.

    Posté par Sophie, lundi 19 novembre 2018 à 13:46 | | Répondre
  • Comment ne pas célébrer l'anniversaire de la femme d'Hector ?! Elle est parfaite, ses ami.e.s et la narratrice de la fête aussi !

    Posté par Joe Krapov, lundi 19 novembre 2018 à 14:12 | | Répondre
  • bravo pour l'idée joyeuse, parce qu'avec ce tableau et la référence à Bernanos, ce n'était pas gagné

    Posté par Adrienne, lundi 19 novembre 2018 à 16:07 | | Répondre
    • et tu nous as bien eus, avec tes banderoles et ton "merci patron"
      bravo!

      Posté par Adrienne, lundi 19 novembre 2018 à 16:09 | | Répondre
  • Idem pour moi, je m'attendais à la manif' du moment
    Sympa ton texte !

    Posté par Praline, lundi 19 novembre 2018 à 17:47 | | Répondre
  • Une histoire inattendue et bien ficelée... Bravo !

    Posté par bourlingueuse, lundi 19 novembre 2018 à 21:03 | | Répondre
  • Jolie utilisation subtile de l'actualité pour brouiller les pistes. je ne suis pas la première a m'être laissé prendre...

    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

    Posté par celestine T, mardi 20 novembre 2018 à 10:37 | | Répondre
  • Jolis moments de vie, Berthoise. Des moments qu'on préfère à d'autres rassemblements dramatiques mais nécessaires.

    Je t'embrasse.

    Posté par lakevio, lundi 26 novembre 2018 à 15:30 | | Répondre
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