lundi 27 mai 2019

Un tableau, une histoire de Lakévio : Faune, Flore et Kairos


Je me souviens de mon émerveillement devant mon premier champ de lin. J'étais déjà grandelette puisque c'était un samedi après-midi, quand j'étais à l'École Normale. J'étais partie me balader seule en voiture. J'avais posé ma 4L dans un petit bled dont je ne me souviens plus le nom. Aucune importance. Le nom de ce village n'a aucune importance. Toute ma mémoire est focalisée sur l'émotion devant le champ de lin. C'est un bleu tendre presque aérien qui flotte au-dessus d'un vert tout aussi enchanteur.

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Je n'en avais jamais vu auparavant, mais en le voyant je savais que c'était du lin. Peut-être parce que mes parents avaient évoqué devant moi la splendeur des fleurs de lin. Peut-être, mais je n'en suis pas sûre. C'est ce que je pense aujourd'hui. À l'époque, je suis restée en admiration devant le champ en sachant que c'était du lin, en sachant que c'était la première fois que j'en voyais, sans me poser la question de l'origine de cette connaissance. Le lin n'est pas encore en fleur. Les champs vert pomme tranchent au milieu du bleu des blés en herbe.


C'est le printemps. Le printemps est la saison des amours chez les grenouilles. Et elles le font savoir.

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Le bourg est au milieu des marécages. Quand je descends à pied, je traverse des zones humides. Ça rallonge un peu le chemin. Mais je veux voir les grenouilles, les entendre, m'assourdir de leurs coassements. C'est même un but de promenade : on va écouter les grenouilles.

Sur le chemin, je longe également un jardin avec une basse cour. Je crois que tout le jardin est la basse-cour. Des poules, un coq, des oies s'y promènent en liberté. C'est aussi un joyeux concert.

 

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Il y a des beautés de la nature que j'ai rencontrées tard. Je ne me suis prise d'amitié pour les oiseaux que récemment, depuis  quelques années. Avant, ils faisaient partie de mon paysage sans que je leur prête très attention. Depuis quelques années, je les aime. Je les regarde, je les écoute, j'espère leur chant, je guette leurs couleurs, j'apprécie leur présence.

P1000214La sensibilité à la faune et la flore qui m'entourent va croissante avec les années. Il est bon de renouveler ses motifs de plaisirs.

 

Posté par Berthoise à 06:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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Commentaires sur Un tableau, une histoire de Lakévio : Faune, Flore et Kairos

  • J'ai régulièrement la visite d'un pic-vert dans mon jardin mais difficile de le prendre en photo, il est très craintif ! Comme toi je prends plaisir à écouter les oiseaux, à les regarder, c'est quelque chose que je ne faisais jamais avant

    Posté par brigou, lundi 27 mai 2019 à 09:37 | | Répondre
  • Et de veiller à leur sauvegarde.

    Posté par heure-bleue, lundi 27 mai 2019 à 10:37 | | Répondre
  • Les champs de lin sont en effet très beaux... joli texte printanier qui donne envie de campagne.

    Posté par Pivoine, lundi 27 mai 2019 à 10:53 | | Répondre
  • Au fait j'adore aller écouter le coassement des grenouilles.

    Posté par Pivoine, lundi 27 mai 2019 à 10:54 | | Répondre
  • En lisant ton texte
    Je me suis évadée dans une rêverie qui fait du bien
    Je n'ai aucune peine à m'y plaire car depuis ma tendre enfance je suis une terrienne amoureuse de ce qui pousse naturellement ou avec les mains de l'homme qui sait maîtriser la faune et la flore sans la détruire car oui ces hommes-là existent
    Mon père en était un et il a su m'inculquer tout cela et savoir manger bon à la bonne saison avec ce que le jardin nous offre !
    Te lire a été une thérapie ce matin car mon ciel est gris platonique , bon, je ne déprime pas je te rassure, j'ai encore les images d'hier me baladant dans une nature foisonnante
    Bonne journée
    Bises d'Auvergne

    Posté par Rose63au, lundi 27 mai 2019 à 10:56 | | Répondre
  • J'adore ta dernière phrase que je partage.
    J'ai découvert les champs de lin il y a seulement 15 jours, lors de ma balade dans la Dombes ! Je me demandais ce que c'était, c'est en effet très joli.

    Posté par Praline, lundi 27 mai 2019 à 11:09 | | Répondre
  • Beau texte sur la nature !
    Tu sais qu'il y a des gens venus de la ville qui ont obligé une famille installée depuis longtemps, à boucher une mare, car le bruit des grenouilles les dérangeait...
    Ce matin, j'ai regardé des oiseaux ramasser des brindilles, sûrement en vue de faire un nid.

    Posté par Fabie, lundi 27 mai 2019 à 11:16 | | Répondre
  • Les champs de lin sont de toute beauté.
    (je me rappelle avoir croisé une fille qui avait des yeux de cette couleur, ça m'a beaucoup fait rêver)
    Je suis surpris de voir cette grenouille, ça se fait rare.
    Comme toi j'aime des choses aussi simples et belles que les fleurs et les bestioles.
    C'est juste beau.
    Et pourtant, Paris est magnifique, hein...

    Posté par le_gout_des_aut, lundi 27 mai 2019 à 11:26 | | Répondre
  • Marrant, moi mes premiers souvenirs du lin sont olfactifs : la puanteur de son rouissage dans la vallée de la Lys

    Posté par Walrus, lundi 27 mai 2019 à 12:28 | | Répondre
    • Néanmoins je dois admettre que le lin en fleur est du plus bel effet. La dernière fois que j'en ai vu, c'était à L'Houmeau, au nord de La Rochelle.

      Posté par Walrus, lundi 27 mai 2019 à 12:32 | | Répondre
  • Quel beau billet qui nous emporte en campagne, Berthoise. Les couleurs, les sons, les odeurs... J'y étais ! Il est vrai que c'est mon père qui m'instruisait : jaune = colza, bleu = lin... Et j'ai revu la basse-cour de ma cousine Rachel où j'avais peur des oies qui couraient après mes mollets... Le pic-vert dans la forêt, mésanges et rouge-gorges, grenouilles aux étangs du hameau.
    Merci, merci pour ces beaux souvenirs remontés comme des bulles d'amour à la surface.
    Bises.

    Posté par lakevio, lundi 27 mai 2019 à 14:45 | | Répondre
  • oui c'est magnifique, les champs de lin, c'était toujours un bonheur quand le fermier en semait dans le coin où j'habitais avant! une année les fleurs étaient blanches...
    superbe billet nature, merci Berthoise!

    Posté par Adrienne, lundi 27 mai 2019 à 15:45 | | Répondre
  • J'ai moi aussi bien de la chance : bien qu'habitant en pleine ville une maison avec un jardin, j'ai bcp d'oiseaux, outre les merles avec lesquels je partage mes cerises, il y a des tourterelles, des geais, des rouge-gorges, parfois des pies et chaque jour des piafs !
    J'ai adoré ton texte

    Posté par bourlingueuse, lundi 27 mai 2019 à 16:20 | | Répondre
  • les hommes de ma famille sont des chasseurs....pourtant je peux t'assurer que nous avons toujours vécu en respectant et aimant la nature et animaux quel qu'ils soient... on peut être chasseurs et plus écolos que beaucoup.... mari et fistons et petits-fils sont très forts en connaissances et protections diverses ...nature, oiseaux etc.... je n'ai jamais vu par contre de champ de lin... j'aurai aimé!.

    Posté par emiliacelina, lundi 27 mai 2019 à 20:37 | | Répondre
  • Tu as fait un commentaire si bref sur mon devoir de Lakevio que je me perds en conjectures sur ce que tu as voulu me dire...

    Posté par le_gout_des_aut, mercredi 29 mai 2019 à 08:12 | | Répondre
  • Ah...le parallèle entre la musique de Rameau et les grenouilles est tout simplement jouissif...
    Pour le reste, je te rejoins. le contact à la nature c 'est la connexion à notre source de vie.
    On en prend conscience avec bonheur quand ça arrive.
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

    Posté par celestine, jeudi 30 mai 2019 à 13:10 | | Répondre
  • Oh, joli tout ça.

    Posté par valecrit, dimanche 2 juin 2019 à 16:04 | | Répondre
  • Oui vivre aux côtés de la nature ou au milieu c'est un bonheur.

    Posté par caro_carito, lundi 10 juin 2019 à 15:39 | | Répondre
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