c'est du tout venant

Le tout venant, c'est ce qui n'est pas trié.

vendredi 20 novembre 2009

Miroir

Consigne #81

Nous sommes redevables de la consigne* de la semaine à notre ami Zigmund :


MIROIR


*Elle nous a plu dans sa sobriété et dans son pouvoir évocateur ; attendez-vous à en retrouver d'autres de sa plume, l'ami a été prolixe. Vous aussi vous souhaiteriez défier la communauté ? N'hésitez pas, envoyez vos suggestion.

Pour lire les autres textes, il faut cliquer.


Bien, l'heure est au bilan. Elle se plante devant le miroir, bien décidée à faire un état des lieux sans concessions.

Ce qui la frappe d'abord, c'est son teint d'endive. Dit comme ça, c'est morose et pas très appétissant. Ça évoque la vieille fille, les légumes bouillis, l'amertume et le sans-sel. Mais l'endive, si on la prend autrement, si on l'accompagne d'une pomme râpée et de quelques noix, si on l'assaisonne d'un filet d'huile d'olive et d'une pincée de curry, l'endive devient beaucoup plus amusante. On dit « Oh, tiens, ça c'est une bonne idée !», on en reprend.  Un teint d'endive est un teint de fête.

En continuant de s'examiner, elle voit ses yeux, des yeux de merlan frit. Ce n'est pas qu'elle soit abattue, mais la fatigue cerne et se lit dans ses quinquets. Merlan frit : repas de cantine, un huitième de citron dans l'assiette avec les patates à l'eau. Le bruit, la bousculade et dépêchons-nous. Non, le merlan frit, ce n'est pas que la salle de repas froide et assourdissante, ça peut avoir des odeurs de fêtes foraines. Les fishs and chips des ports anglais, ce n'est pas triste. On mange dehors avec les doigts, en riant et en parlant très fort. Des yeux de merlans frits, mais c'est la fête.

Elle regarde ses cheveux. En baguettes de tambour. Raides, elle qui a toujours rêvé d'une opulente chevelure bouclée, elle doit se contenter de baguettes de tambour. Mais un tambour, c'est plein d'entrain. Ça donne de l'allant, le tambour. Il y a beaucoup d'endroits où on ne sait faire la fête sans tambour. C'est dit, elle a des cheveux de fête.

Son front n'est plus lisse, il se strie, se biffure, comme une lettre pleine de ratés, comme une plaine ravinée. Pour trouver un air de fête à un front couvert de rides, il faudrait être optimiste. Ça tombe bien, c'est ce qu'elle est. Si elle avait été scoute, elle aurait choisi comme totem la grenouille rebondissante, celle qui ne reste jamais à plat bien longtemps. Un front lisse, ça donne l'air idiot, ce n'est vraiment pas intellectuel, qu'un front rompu à la réflexion, c'est autrement plus intéressant.

Dieu merci elle n'a ni les oreilles en chou-fleur, ni le menton en gras-double.

Il y a des femmes fines et délicates, ou encore nobles et racées. Il y en a qui ont des airs de dragons, de matrones, de commères. Il y a des bombes qui font se retourner sur leur passage avec leurs atouts en avant et leur derrière prêt à tout. Et puis, il y a les autres. Pas d'extrême, juste la normalité. Ce n'est pas foie gras et Sauternes, ce n'est pas non plus cassoulet en boîte et eau plate. C'est repas quotidien avec le plat du jour, un peu de verdure et avec un «  Qu'est-ce que tu bois, un verre de vin ou une pression ? ». Des fois, elle préfère le rouge riche en tanin, d'autres fois, c'est l'amertume fraîche qui l'emporte.

L'heure est au bilan et la voilà qui s'égare dans des projets de repas.

L'heure est au bilan et elle sait qu'elle est épargnée par les épreuves. Pas de détresses insondables, pas d'ivresses enchanteresses ; le bonheur quotidien, celui qu'on tisse avec méthode en remettant sur le métier, chaque jour, son ouvrage.

L'heure est au bilan et elle ferait bien une blanquette.


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mercredi 18 novembre 2009

Murs

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Murs.

C'était la fête du mur, il y a peu. Ça ne vous a pas échappé. On ne parlait que de ça.

Fête du mur. Faites le mur. On nous le répétait sur tous les tons.

En vedette, un mur du Thelle, briques et silex, les murs sans cesse recommencés de la cathédrale de Beauvais, le passage du Monarque et les remparts du château à Gisors, l'Opéra de Paris, mais vous l'aviez reconnu.

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samedi 14 novembre 2009

Les gens, la vie et le regard.

Les gens. Les gens sont étranges. Je les vois vivre. Je sais des choses d'eux, des bribes de leur vie. Je côtoie leurs enfants. Je partage des moments avec eux. Et puis, je découvre une facette que je n'attendais pas, qui m'émeut ou me déplait. Et l'image que j'avais construite est toute floue parce qu'elle ne correspond plus à ce que je sais maintenant. J'ajuste, je revois. Je m'étonne de ne pas avoir soupçonné ce visage qui m'est tout à coup révélé.
Il en est de même avec les blogs que je visite. Je lis, je regarde, j'admire. J'admire beaucoup. Et j'invente un auteur, un personnage, j'oublie que ce que j'ai lu est une façade, alors que je devrais le savoir, on ne donne à lire que ce qu'on a envie. Je le sais. Surtout, ne croyez pas tout ce que je raconte. En visitant mes blogs favoris, j'ai lu ce matin, un billet qui m'a émue. L'auteure y dit son mal de vivre. Est-ce encore une vitrine ou bien lève-t-elle soudain le voile sur  de vrais tourments ? J'ai senti, dans ce billet, de la sincérité et j'en suis abasourdie. Comment, elle qui écrit une joie de vivre pétillante, légère et enjouée, comment peut-elle à ce point, cacher sa souffrance ? Je suis assurément crédule pour me laisser abuser ainsi par des miroirs aux alouettes. Non, pas abuser, il y a dans ce terme une volonté de nuire qui n'est pas justifiée. Quand j'écris des bobards, je ne veux pas tromper le monde, je joue, comme, lorsqu'enfant, je me déguisais et endossais  un habit de princesse. Est-ce la pudeur, ou encore le désir d'oublier un quotidien qui pèse ? J'ai été surprise de découvrir un tel mal-être.
Et là, je ne sais pas comment terminer ce truc, qui n'est même pas un billet. Je sais que certains ( dont madame de K ) boycottent d**zer, mais je n'ai pas de roue de secours et j'aime beaucoup ça. " Jadwa" de Jon Balke.

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mercredi 11 novembre 2009

Deux heures

Madame de K. dit que le distributeur de musique profite de notre assiduité pour nous refiler des pubs sonores en douce. Je ne sais pas, je n'ai pas encore entendu. Si par un hasard extraordinaire ou une science des techniques remarquable, vous, qui savez, avez trouvé ce qui me permettra d'écouter et de découvrir de jolies musiques, n'hésitez pas à m'en faire part. Je ne suis pas très forte, ni très à la pointe de la dernière technologie, alors je ne me lance pas dans un nouveau support audio, j'ai toutefois envie de vous faire écouter ma toute récente découverte.

La trouvaille du jour, c'est Andy Sheppard.
Moi, j'aime bien et ça correspond bien à l'humeur du moment, un rien mélancolique, pas pêchue pour deux sous. Une humeur de coin du feu, de coussins et de courtepointe, de thé épicé et de biscuits, une humeur de baisers dans le cou et de main dans la main, une humeur de tendresse et de mots doux. Je finirai par admettre que l'automne peut avoir du bon.


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mardi 10 novembre 2009

Léon

Mon grand-père s'appelait Léon. Je l'appelais Papa Léon comme tous ses autres petits enfants, toute une tripotée, j'ai plein de cousins. Mon grand-père était jardinier chez monsieur Jean. Jardinier-chauffeur, c'est bizarre comme titre, mais c'était le sien. C'était le jardinier-chauffeur du médecin du village. Quand j'étais enfant, il travaillait encore, mais ne conduisait plus pour le docteur. Il rentrait déjeuner le midi. Il avait un fauteuil près de la porte de la cuisine. Il s'y asseyait, après s'être déchaussé, et en attendant que son assiette soit servie, il fumait des maïs qui empestaient et lisait le quotidien régional. Il avait, agrafée à sa poche de chemise ou à son pull, une épingle à nourrice. À chacun ses décorations.

Il chantait à la fin des repas de famille quand il avait un peu bu, juste un peu, il était plutôt sobre, " Le petit Parisien", une chanson longue et drôle dont tout le monde reprenait le refrain. Il valsait aussi. Il aimait danser et je me souviens avoir tourné avec lui aux banquets de mariage de mes cousines. Accepter une invitation de lui, c'était courir le risque de ne pas avoir un autre cavalier et pourtant aux mariages des cousines, il y avait plein de cavaliers, j'ai beaucoup de cousins. C'était un petit homme, large d'épaules, il avait une force considérable dans les mains. Il était capable de casser une noix avec une seule main, rendez-vous compte, une seule main. Un tel exploit faisait de lui un héros chez ses petits enfants.

C'était une crème d'homme ; un adorable grand-père, un modèle de grand-père, un peu effacé peut-être, mais si gentil.

Le petit Parisien









Paroles et Musique: Charlys  

Quand Sidonie vint au monde un matin
C'était déjà une enfant très précoce
Elle étonna ses parents, ses voisins
Elle vint au monde, un journal à la main.

{Refrain:}
Mais qu'est-ce qu'elle faisait
Elle lisait le P'tit parisien
Elle s'intéressait à la politique
Elle lisait le P'tit Parisien
L'plus fort tirage des journaux du matin.

À 14 ans, elle s'enfuit sans regret
De chez sa mère qui prévint l'commissaire
On l'a r'trouva dans les water-closet
Ça f'sait déjà plus d'huit jours qu'elle y était.

À 40 ans, on l'emmène en taxi
Pour une opération d'appendicite
Le chirurgien saisit son bistouri
Et pendant qu'on lui charcutait l'nombril.

À 60 ans, elle passa sous l'métro
Ce fut vraiment un spectacle effroyable
Tous les wagons lui passèrent sur le dos
Mais on la vit ressortir aussitôt.

À 120 ans, enfin, elle mourut
À l'enterrement les chevaux s'emballèrent
La bièr'tomba dans la rue, et s'ouvrit
Et l'on vit ce qu'on avait jamais vu.

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samedi 7 novembre 2009

La betterave adoucit les mœurs

Quand je vais travailler, je ne croise pas que de belles bêtes, il y a aussi des champs, de grands champs, et des bois.
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Ce qui est devant en vert, ce ne sont pas des salades, mais les fameuses betteraves qui font notre fierté, derrière vous voyez que l'arrachage a déjà commencé, la terre est à nu, et plus loin, il y a un tas  qui attend d'être transporté jusqu'à la sucrerie voisine dans des camions énormes ( vous vous rappelez, je vous en ai déjà parlé). Comme le faisaient remarquer quelques commentateurs pertinents, la betterave a du bon, elle donne le sucre.
Cet après-midi, j'ai œuvré en cuisine. Demain, nous recevons la famille. C'est toujours une épreuve. Mais, comme la vie n'est pas une vallée de roses, il faut savoir affronter les épreuves. J'ai donc passé quelques heures à éplucher, à faire revenir, à mijoter. J'ai aussi préparé des pommes au four et des petits sablés ( avec le sucre des betteraves mentionnées ci-dessus) que je servirai avec une boule de glace ( c'est de saison). J'espère savoir prendre assez de distance demain pour accueillir tout le monde avec le sourire. Quand je suis dans mes petits souliers, et que j'ai l'impression de marcher sur des œufs, il ne faut pas trop me chatouiller les orteils car je deviens très vite désagréable.

Tout va bien se passer, je le sais (je suis une adepte de la méthode Coué), mais j'ai hâte d'être demain soir.

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mercredi 4 novembre 2009

Je suis buffle

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Il y a des femmes que les chevaux font rêver, que les grands galops émeuvent, qui étreignent les montures, se réjouissent de l'odeur du crottin. Je suis un peu montée à cheval, c'était sympa, mais ça n'a pas déclenché chez moi une folle passion. Mais, je croise quand je vais travailler un animal qui me fascine par sa force, sa placidité et sa puissance.

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Je ne lui souffle pas sur le mufle, je ne lui caresse pas les flancs et je ne fais pas boucler les poils de son encolure. Je me contente de l'admirer. De loin.

 

Le Buffle

Principal atout ténacité, équilibre, patience
Gros défaut égoïste, mauvais joueur, complexe du conquérant, être le premier à fouler le sol ou vous faire chavirer...
Il aime se retrouver seul, laisser libre cours à son originalité, prendre son temps et jouir pleinement des choses.
Il n'aime pas l'échec, la foule, les débordements sentimentaux, être subalterne.
En amour accorde davantage d'importance à son indépendance qu'à la passion, tout en attendant de ses partenaires une certaine régularité
Son désir en n'importe quelle circonstance, se sentir libre d'abord et avant tout.
Côté finances un peu regardant question argent. Supporte mal les associations.
Dominante Yin

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lundi 2 novembre 2009

Noble suite

Nous habitons en province. En province, pour peu qu'on y prenne garde ou bien qu'on ait des habitudes, on rencontre souvent les mêmes gens. Nous faisons nos courses dans un supermarché, toujours le même, le samedi midi. Nous y croisons les mêmes têtes. Il y a des personnages qui m'intriguent. Je suis plutôt curieuse et aime regarder les gens.

Ils sont trois qui arrivent en fourgonnette blanche immatriculée dans la Seine Maritime. Devant marche le plus grand, c'est lui qui conduisait. Sec, décharné, très droit, le visage tanné surmonté d'une tignasse drue, poudrée et grise, il avance à grandes enjambées. Il y a dans son maintien, une noblesse que dément ses vieilles fripes. Il porte une veste cintrée qui accentue sa maigreur. Les jambes de son pantalon  de tergal plissent au-dessus de ses godillots. C'est lui qui pousse le chariot et paraît décider de ce qu'il faut pour le remplir.

Elle le suit. Petite, tassée, compacte sans être grosse, elle le suit. Ses cheveux longs en fontaine d'un blond filasse pleurent sur son visage fermé. Pas un sourire, pas un regard pour qui la croise. Elle est habillée, comme un homme, un pauvre homme : un vieil anorak sans forme, ni couleur. Elle semble terne, éteinte. Elle hésite dans les rayons, jette un œil vers son compagnon, guette son approbation.

Vient le troisième comparse. Plus petit, plus coloré, plus vivant aussi. Il ferme la marche des deux larrons en regardant autour de lui. Il tient dans sa main fermée en coque une cigarette dont il se débarrasse d'une pichenette avant d'entrer dans le hall du magasin. Il est moins droit que le premier, moins maigre, moins impressionnant. Sa chevelure est fournie d'un roux qui fut certainement flamboyant mais qui, mêlé de gris, a perdu de sa magnificence. Il parle à ses compagnons qui lui répondent d'un signe de tête. Il semble plus accessible, plus gai, moins arrogant. Pour un peu, il répondrait si on lui adressait la parole.

Ces trois-là sont sales, sans être crasseux-poisseux, poussiéreux comme s'ils venaient d'être retrouvés dans un vieux hangar, comme ces objets qu'on chine sur les brocantes et qu'il faut lessiver pour leur ôter le voile qui les ternit et leur redonner leur superbe.


Les saltimbanques

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samedi 31 octobre 2009

31 octobre

Je rentre de la ville voisine où j'ai croisé de nombreux enfants grimés qui passent dans les commerces pour quémander quelques sucreries. Je ne raffole pas de la fête importée à grands coups de pub, mais j'aime beaucoup Tim Burton et " The Nightmare before Christmas " est un de mes films préférés. La musique de Danny Elfman y est très importante, il s'agit d'une comédie musicale. Les monstres sont humains et pleurent et aiment. Les plus vilains ne sont pas les plus méchants. Si vous en avez l'occasion, allez voir le film sur grand écran en version originale, après vous me direz si vous avez aimé.

Tiens, j'irais bien au cinoche, moi.

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vendredi 30 octobre 2009

Le vrai plaisir des séparations

Je suis partie quelques jours voir si le soleil était plus brillant sous d'autres cieux. On ne m'avait pas raconté d'histoires. J'ai pris un coup de soleil, j'ai regardé l'océan frimer avec ses grosses vagues. Mes hôtes m'ont reçue avec gentillesse et attention. Ils m'ont montré les spécialités locales.
J'ai vécu des expériences inédites. J'ai testé l'état de pâte au bouillon. Je savais que par moment, j'étais un peu nouille, mais je n'avais jamais poussé le vice jusqu'à vivre physiquement cet état. Après plusieurs heures à mijoter à petit feu, pétrie par une eau plus vigoureuse que les mains d'un masseur, je suis sortie plus molle qu'une coquillette trop cuite. Je me suis ensuite écroulée sur le canapé de mon amie et endormie pendant ses confidences. Ce n'est pas très glorieux. Rendez-moi
les eaux toniques de Concarneau et je serai plus attentive. Non, c'est inutile d'aller à Concarneau. J'ai pris un bain de mer un 29 octobre. C'était un peu frais, mais j'ai de l'entraînement, il fait parfois moins chaud en plein été. J'ai pris un bain de mer pendant les vacances de Toussaint.( jusqu'aux épaules, j'ai nagé, je précise pour ceux qui  pensent que j'ai juste trempé le bout de l'orteil)

Il y a un vrai plaisir dans les séparations. Quand on vit depuis longtemps avec la même personne ( pour moi, c'est mon mari ), on ne voit plus que les défauts, les qualités sont des évidences qu'il ne convient plus de relever. Je dis "on", mais peut-être êtes-vous plus sage que moi. Moi, je vis avec lui depuis si longtemps que j'en oublie pourquoi on s'est choisi. Notre mode de vie est un peu atypique et étonne nos amis. Nous n'avons pas le même rythme ( il aime veiller, je me couche et me lève affreusement tôt), nous n'avons pas les  mêmes intérêts, j'avoue ne pas me passionner pour les conquêtes franques ou l'influence des indo-européens, il est insensible à la musique. Mes amis ne sont pas toujours les siens, et j'ai parfois du mal à supporter ses copains. Voilà pourquoi, il est indispensable que nous nous séparions de temps en temps pour retrouver un espace de liberté qui nous est nécessaire. Une fois par an, je le laisse pour me balader et faire des choses rien que pour moi. Mais, je l'ai appelé l'autre matin et il m'a dit que je lui manquais et pas seulement parce qu'il n'avait plus de café, qu'il m'attendait, qu'il comptait les jours ( une seule main ), j'étais toute chose et je me suis dit que le vrai plaisir des séparations, c'est de savoir se retrouver.

Posté par Berthoise à 10:33 - Tout venant - Commentaires [15] - Permalien [#]
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